Unité Sarthe n°163

Bilan 2013 : l’action de la France au Mali et la politique européenne de défense

La fédération socialiste de la Sarthe fait paraître ce mois de février le numéro 163 de son bulletin l’Unité Sarthoise. C’est l’occasion pour le Ministre Stéphane Le Foll et mes 3 collègues députées de dresser un bilan sur l’action parlementaire de l’année écoulée. J’ai consacré les colonnes qui me sont réservées à un bilan personnel de la commission des Affaires étrangères où je siège. Vous retrouverez ci-dessous mes propos publiés dans ce cadre, écrits début janvier 2014.

Depuis les bancs de la commission des affaires étrangères de l’Assemblée nationale, l’année 2013 a été marquée par deux évènements majeurs quant à l’engagement de la France sur le plan international : si l’intervention des forces françaises au Mali a suscité des commentaires nombreux et a bénéficié d’une importante couverture médiatique, la position française lors du Conseil européen de Défense qui s’est tenu en décembre dernier à Paris a été, elle, plus confidentielle, mais pas moins révélatrice d’un tournant dans la construction d’une Europe de la Défense.

Au Mali, le souffle de la démocratie referme une parenthèse militaire

L’opinion publique retiendra un exercice militaire accompli sans fautes majeures et qui a permis rapidement le retour d’un cadre démocratique nécessaire au maintien de l’unité nationale du Mali. L’intervention française du 11 janvier 2013 au Mali à la demande de son chef d’État, Dioncounda Traore et avec l’assentiment de ses voisins, a donné un coup d’arrêt à l’agression par des groupes terroristes qui menaçaient la stabilité de toute une région. Cette initiative a été saluée puis secondée diplomatiquement et militairement par l’Union africaine et les Nations unies.

Les 28 juillet et 11 août, se tenaient les élections présidentielles, après l’établissement de listes électorales dans tout le territoire national malien et au terme de trois semaines de campagne officielle qui ont vu s’affronter 28 candidats. Suite à l’élection d’Ibrahim Boubacar Keïta, le Mali a ensuite connu des élections législatives en novembre et décembre dernier.

Pour parvenir à un tel sursaut dix-huit mois après le coup d’état militaire du capitaine Sanogo, le Mali a su s’appuyer sur un héritage démocratique fort. Les réformes de décentralisation entreprises par Alpha Oumar Konaré (1996) ont vu la création de collectivités territoriales et ont instillé une culture électorale locale dans le cœur des citoyens maliens. À d’autres égards, les liens tissés entre les collectivités françaises et maliennes, au travers de la coopération décentralisée, ont entretenu ce souffle démocratique, notamment pendant les périodes plus troubles d’instabilité du pouvoir.

Le Mali témoigne ainsi d’une réelle singularité, un élan citoyen qui ne demande qu’à s’exprimer est un atout considérable pour sortir par le haut d’un conflit armé. Dans d’autres circonstances, la République d’Haïti ou le Kosovo avaient tourné plus difficilement des pages sombres de leur histoire par manque de cet attachement démocratique. À nous de faire en sorte qu’il n’en soit pas de même en République Centrafricaine.

Politique européenne de défense : les socialistes insistent pour rapprocher, rassembler et bonifier l’existant

En amont du Conseil européen des 19 et 20 décembre à Paris consacré aux questions de défense et de sécurité, l’Assemblée nationale a adopté une résolution européenne sur le sujet. J’ai été chargé de présenter la contribution du groupe Socialiste Radical et Citoyen sur cet objectif d’une politique commune européenne de Défense.

François Hollande, quelque jours plus tôt devant le Parlement Européen, avait fait part de ses réserves quant à la réalité d’une stratégie commune « il est temps d’en finir avec la dispersion des initiatives, de rassembler nos forces et nos moyens, de rapprocher nos industries, d’harmoniser aussi nos positions dans les instances internationales où l’Europe doit parler d’une voix, d’agir pour résoudre les conflits qui heurtent les consciences humaines. […] La France y est prête ».

Pour rendre concrète cette politique de sécurité et de défense commune, les députés socialistes ont insisté sur la nécessité de disposer d’une stratégie européenne de sécurité réactualisée et partagée par les membres de l’UE, adoptée par les chefs d’États : notre doctrine stratégique date de 2003, alors que l’OTAN a revu ses orientations en 2010, nos voisins allemands et polonais composent isolément une stratégie à l’égard des Russes, quand les pays du sud de l’Europe réfléchissent eux à une approche à l’égard de l’Afrique ou du pourtour méditerranéen. Nous avons plaidé pour un document stratégique global en faveur de la paix et de la stabilité, de la prévention des conflits, intégrant des stratégies régionales dans les zones sensibles (Sahel, Caucase…).

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